10 difficultés de prononciation en français

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10 French pronunciation difficulties

 

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Grâce à mes étudiants sur Verbling et à ceux de mon groupe Facebook « Le café français de Marie-Caroline », j'ai identifié DIX difficultés courantes de prononciation en français. Bien entendu, il s'agit d'une liste générale. Chaque personne a en effet des difficultés différentes, notamment selon sa langue d'origine. Dans cet article, je n'utilise pas l'alphabet phonétique international, et ce, pour une bonne raison ; les étudiants non plus.

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Thanks to the students of the Facebook Group Le café français de Marie-Caroline and my students on Verbling, I have identified ten common pronunciation difficulties. Of course, it is a generality, because difficulties are different for each individual and depends on your mother tongue. Please note I don't use the international phonetic alphabet, because the French student don't use it either.

1- Le RRRRRrrrrrr Le R français est sec. Il est très utilisé en français, et certains mots compliquent encore les choses en le multipliant. J'emprunte ainsi quelques mots français « imprononçables » cités par DamonAndJo (une chaîne YouTube extrêmement drôle que je vous recommande). Exemple : « heureux » « meurtre » « mordre » « serrurerie » « perturber »... Mon conseil : prononcez le R comme un animal qui grogne.

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The French R is dry. It is very common. Some words even use several R. I take the example of the French word impossible to pronounce quoted by DamonAndJo (a great and very funny YouTube channel). Example : « heureux » (happy) « meurtre » (murder) « mordre » (to bite) « serrurerie » (locksmithing) « perturber »... (to disturb) My advice : pronounce the R like an animal who is groaning

2- Le U et le OU En français, on distingue le U et le OU. Parfois, mal les prononcer peut empêcher la compréhension, car il peut s'agir de deux mots très différents.

Exemple : « rue « (the street ) et « roue » (the wheel), « cou » et « cul », « Louis » et « lui » (ou+ i / u+i) Mon conseil : Positionnez vos lèvres comme si vous alliez siffler, puis faites résonner le U juste derrière celles-ci. La différence entre U et OU est la position de la langue, plus haute pour le OU. Entraînez-vous ! Bonus : « plus », quand prononcer le S. La règle qui prime :On le prononce devant une voyelle, c'est la liaison. « Je n'ai plus envie de gâteau. » On prononce le S quand « plus » achève la phrase. « J'aime ce gâteau, j'en veux plus. » Sauf si la phrase est négative : « Je n'en veux plus. » On ne prononce pas le S de plus dans une comparaison ; « Il est plus fondant que le gâteau de ma mère. » Tu t’entêtes à tout tenter, tu t’uses et tu te tues à tant t’entêter.

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In French those two sounds are very different. To mix them up can prevent people to understand you. Worst, the meaning can change : Example : « rue « (the street ) et « roue » (the wheel), « cou » (neck) et « cul » (ass), « Louis » et « lui » (him) (ou+ i / u+i) My advice : Position the lips as if you would wistle, then produce a U that resonnates behind the lips. The difference between U an OU is the position of the tongue, higher for the OU. Practice! Bonus : « plus », when to pronouncs the S. The first rule : It is pronounces before a vowel, we call it the liaison. « Je n'ai plus envie de gâteau. » The S is prounounced when « plus » is a the end. « J'aime ce gâteau, j'en veux plus. » BUT not if the sentence is negative : « Je n'en veux plus. » The S in plus is not pronounced in a comparison. « Il est plus fondant que le gâteau de ma mère. »

3- Le « ille »

r« Millefeuille », « portefeuille », « feuille », « deuil », « famille », « bille », « grenouille », « chantilly », « fille » Les deux LL précédés d'un I, nous obligent à produire un son proche du Y dans « yoyo ». Précédé d'une voyelle nasale, il suffit d'additionner les deux : Exemple : « Nouille » = N + OU + ILL « Neuilly » = N + EU + ILL + I Les deux LL sans le « i » avant se prononcent L. Exemple : « belle », « folle ». (Il y a bien sûr des exceptions, comme « million » ou « ville ».

 

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« Mille feuille » (Napoleon), « portefeuille » (wallet), « feuille » (leaf), « deuil » (grief), « famille » (family), « bille » (marbles), « grenouille » (frog), « chantilly » (whipped cream), « fille » (girl) The two LL preceded by a I, are pronounced with a Y like in « yoyo ». Preceded by a nasal vowel , we just add the two of them up : Example : « Nouille » (noodle)= N + OU + ILL « Neuilly » = N + EU + ILL + I The two LL without the « i » before is pronounced L. Example : « belle » (beautiful), « folle » (crazy). Of course there are exceptions, such as « million » or « ville ».

4- Le « oua/ oi »
On le trouve souvent écrit « oi », comme dans « toi », « mois », « émoi »., « voiture », mais pas toujours, exemple : « poêle » Si on ralentit sa prononciation, c'est comme si on disait « ou » + « a ». C'est aussi l'onomatopée de la surprise : « Ouah ! Tu m'impressionnes ! »

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Most of the time it is written « oi », like in « toi »(you), « mois » (month), « émoi » (commotion), « voiture » (car), but not always, example : « poêle » If we slow down the speech, it gives « ou » + « a ». That is also on onomatopoeia for the surprise : « Ouah ! Tu m'impressionnes ! »

5- Les voyelles nasales

Elles portent ce nom, car elles résonnent dans le nez. Il y en a trois principales (on parle parfois de quatre, car il y a deux nuances de IN selon les régions), elles peuvent s'écrire différemment. ON : « pont », « menton », « pompier ». La bouche a la même position que si on soufflait des bougies. AN : « an », « dent », La bouche est légèrement plus ouverte que le ON. IN : comme « un », « pain », « brin », « vin », « chien ». Le fond de la langue remonte vers le palais. L'air sort par le nez. Tata, ta tarte tatin tenta Tonton ; Tonton tâta ta tarte tatin, Tata.

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Their name comes from the fact they resonates in the nose. There are three main ones (there are two nuances on IN depending on the region), they can be spelled out differently. ON : « pont » (bridge), « menton », (chin) « pompier »( fireman). The mouth takes the same position as when we blow out candles. AN : « an » (year), « dent » (teeth), The mouth is slightly more open than with the ON. IN : like in « un » (one), « pain » (bread), « brin » (blade), « vin » (wine), « chien » (dog). The back of the tongue go up closer to the palate. The air goes out throught the nose. « Tata, ta tarte tatin tenta Tonton ; Tonton tâta ta tarte tatin, Tata. »

6- La prononciation des consonnes
En anglais la consonne sort avec beaucoup d'air, pas en français. Elle doit être très sèche et claquante. C'est difficile de l'expliquer par écrit, je vous conseille donc de visionner la vidéo réalisée en parallèle de cet article . Exemple : torture (EN), la torture (FR) (mon conseil ; écouter les mots dans le dictionnaire contextuel « linguee.fr ». Leur prononciation est fiable.) As-tu été à Tahiti ?

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In English, consonants are pronounced with a lot of air in it, not in French . In French the consonant is dry and slamming. Exemple : torture (EN), la torture (FR) My advice is to listen to theire prononciation. For ex. on linguee an online contextual dictionary, you can hear the words by clicking on the megaphone icône. Their there prononciation are reliable.)

7- Le « ch » se prononce Ch ou K, le G se prononce J ou Gue
On parle de « dur » et de « doux ». La plupart du temps, CH se prononce CH, comme dans « cheval », « chemin », « acheter ». Mais dans quelques mots, CH se prononce K, comme dans « chorégraphie », « orchestre ». Ça concerne plutôt les mots savants.

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It can be« dur » or « doux ». Most of the time, CH prononces CH, like in « cheval » (horse), « chemin » (path), « acheter » (to buy). But sometimes CH sounds like K, like in « chorégraphie » (choreography), « orchestre » (orchestra). So it concerns highbrow terms.

Un chasseur sachant chasser doit savoir chasser sans son chien.
De même le C peut être doux ou dur : Ces Basques se passent ce casque et ce masque jusqu’à ce que ce masque et ce casque se cassent.

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The C can also be dur ou mou : KE ou CE.

Le G est dur devant A, O, U et les consonnes « gâteau », « golf », « guitare » Le G est doux devant E, I et Y « gens », « girafe », « gyrophare »

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The G is dur before A, O, U and the consonants « gâteau »(cake), « golf », « guitare » The G is doux before E, I et Y « gens »(people), « girafe », « gyrophare » (rotation light)
Un généreux déjeuner régénérerait des généraux dégénérés.

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8- Les consonnes finales muettes

Des tas de lettres sont muettes dans les mots en français, et ce à n'importe quel endroit, exemple : « sePt », « temps », « fils ». Mais le plus souvent, la lettre muette est la dernière consonne d'un mot. Ainsi, le pluriel d'un mot ne s'entend pas en français (sauf s'il y a liaison). Exemple « Des lettreS » Souvent, quand la dernière lettre est une consonne, on ne la prononce pas au masculin mais on la prononce au féminin. Exemple : « Un vélo vert. Une voiture verte. » (adjectif) ou « Un homme assis. Une femme assise. » (participe passé).

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Many letters are silent in French words, and it can be anywhere. Example : « sePt » (seven), « temps » (time), « fils » (son). But most of the time, the silent letter is the last consonant of a word. For example, most of the time, w e don't hear the plural form of a word (exept for the liaison or the cases the word changes at the plural form). Exemple « Des lettreS » (letters) Often, when the final consonant is a vowel, you don't pronounc it at the masculin form but you do at the feminine form. Exemple : « Un vélo vert. Une voiture verte. » (A green bicycle/ car. adjectif) ou « Un homme assis. Une femme assise. » (A sitting man/woman . participe passé). 

9- La différence entre E, É et È.
É / è : la bouche a la même position, c'est la langue qui bouge. Boulanger / boulangère Des années de galère. E: lèvres en O plus resserrées Il pleut, je, feu. EU : lèvres en O plus ouvertes Fleur, cœur, pomme Dans certaines régions, le é et le è peuvent s'interchanger.

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É / è : the mouth keeps the same position, only the tongue moves. Example: “Boulanger / boulangère” (baker) “Des années de galère.” (years of hard times) E : lips in O tigher. Ex: “Il pleut”,(it is raining) “je” (I), “feu” (fire). EU : lips in O more open. Ex: “Fleur” (flower), “cœur” (heart), “pomme” (apple) The sounds “é” and “è” can be different depending on where you are in France.

10 – Le « GN »

 

Le GN mouillé devant I et E : « incognito » et dur devant A et O : « diagnostic ».

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Le GN mouillé before I and E :« incognito » and dur before A and O : « diagnostic ».

 

EN CONCLUSION

Je ne vous conseille pas d'apprendre pas cœur les règles de prononciation. C'est un travail de longue haleine et il y a toujours des exceptions. Habituez-vous plutôt aux mots en les écoutant et en les lisant, mais aussi en prononçant les sons tout en faisant attention à ce que font vos lèvres et votre langue. Ressentez les sons. Avec la pratique, vous mémoriserez la prononciation des mots de la même façon que vous retenez leur orthographe, et les régularités s'imprimeront naturellement dans votre mémoire. Retenez les nouveaux mots en contexte dans une phrase que vous lirez à voix haute. La langue est comme une chanson, tous vos sens doivent intervenir. Et vous ferez sans doute encore parfois des erreurs, ne vous inquiétez pas, en général, les gens trouvent ça mignon.

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TO CONCLUDE

I won't tell you : learn all those rules by heart ! It is something that will become natural if you listen to radio or TV programs or speak with natives. You can also repeat the pronounciation, because your lips and tongue have to get used of those sounds. You have to feel where the sound is, what shape your mouth must have. You can use websites such as linguee.fr. By clicking on the megaphone icone on that site, you will hear the real pronunciation (not a synthetic voice) Learn new words in context, read aloud. A language is like a song, your entire body comes into play. Of course you will make some mistakes, but it is not a problem if it doesn't prevent other form understanding you, and generally we find it cute.

 L'ORTHOGRAPHE 2.0 ou la réforme de 1990

L'orthographe 2.0 ?

 

La réforme de l'orthographe de 1990 a été mise au point dans le but de « rectifier les incohérences » de la langue. En résumé, elle viserait à simplifier le français en rapprochant le code écrit institutionnalisé de celui pratiqué par les locuteurs.

 

 

Les changements proposés concernent environ 2 400 mots. Ils portent principalement sur...

  • Le trait d'union.
    Il est supprimé (on appelle ça la « soudure » ou « agglutination ») dans les mots composés d'usage très courant. Ainsi :

  • « porte-monnaie » > « portemonnaie » (comme l'était déjà « portefeuille »)

  • « week-end » > « weekend »

  • « pique-nique » > « piquenique »

Mais le trait d'union est ajouté dans l'écriture des nombres, là où avant il reliait uniquement ceux inférieurs à cent. Ex. : «  Trente-trois mille deux cent douze » devient « Trente-trois-mille-deux-cent-douze ». 

 

  • Le pluriel des noms composés. Le pluriel s'applique désormais à tous les noms communs formant un mot composé, sauf s'ils sont précédés d'un article au singulier. Ainsi : « des après-midi » devient-il « des après-midis ».

 

  • L'accent circonflexe. Il est supprimé sur les lettres I et U sauf s'il est utile, comme dans les conjugaisons ou dans les cas où il permet de distinguer des homographes (« mur » et « mûr » par exemple). Ainsi « traître » devient-il « traitre », car l'accent circonflexe ne joue aucun rôle.

 

  • Le tréma. La règle selon laquelle on met le tréma sur la lettre que l'on prononce est étendue à tous les mots concernés : plus d'exceptions illogiques comme « aiguë », lequel devient « aigüe ». Son application sur un mot comme « gageure » donne «  gageüre », pour que son mode écrit corresponde à sa prononciation.

 

  • Accent sur le E. La règle est, de même, appliquée à tous les mots concernés, et « événement » devient « évènement » par exemple.

 

  • Accord du participe passé. Désormais, le participe passé de « Laisser » suivi d'un infinitif est invariable comme l'est déjà le participe passé de « faire + infinitif ».

 

  • Un certain nombre de mots voient leur écriture régularisée pour une plus grande cohérence : « combatif », par exemple, devient « combattif » (comme l'infinitf "combattre").

 

 

Cette rectification a été adoptée par l'Académie française et le conseil supérieur de la langue française. Le gouvernement stipule bien sur son site (gouvernement.fr) que l'orthographe n'est pas de son ressort, qu'il n'impose rien et que « Les deux orthographes demeurent donc justes. »

 

L'idée est de laisser le temps à chacun de s'y habituer sans forcer les choses.
Pour nous adultes, c'est un changement, quand pour les enfants du primaire depuis 2008, c'est la norme.

 

En effet, la réforme est déjà appliquée dans les programmes dans nos écoles, en Belgique depuis une dizaine d'années et au Québec depuis plus longtemps encore. En France, son application dans les programmes scolaires a donc commencé bien après la publication de cette rectification. Cependant, les adultes sont encore rares à la pratiquer, car l'orthographe traditionnelle reste très présente dans nos dictionnaires, notre usage et nos correcteurs orthographiques.

 

Ma position est que certains changements sont bien pensés, quand d'autres compliquent les choses. Je cite Bernard Fripiat (un formateur en orthographe génial et très proche des gens) qui explique que si on avait voulu coller à la pratique, on aurait retiré tous les traits d'union de l'écriture des nombres plutôt que d'en ajouter partout. Il en va de même pour les nouveaux doublements de consonnes, par exemple.

 

En résumé, certains changements me choquent un peu, d'autres m'arrangent. En définitive, tout cela n'est pas très grave puisque l'on peut opter pour l'orthographe de notre choix.


 

La langue évolue, c'est naturel. Les changements dérangent, c'est compréhensible. Je regrette simplement que les élites de l'orthographe n'aient pas consulté un panel représentatif des Français pour prendre en compte leurs avis et affiner la proposition. Il va tout de même falloir s'y faire. Comme le dit l'Académie elle-même, on recommencera à rectifier l'orthographe dans trente ans, si ce n'est avant. La langue est vivante et évolue en effet sans cesse, que cela nous plaise ou non. Après tout, la vie c'est le changement.

 

POUR ALLER PLUS LOIN :

Un article : http://bescherelletamere.fr/reforme-orthographique-2400-mots-changent-des-la-rentree-scolaire-et-adieu-laccent-circonflexe/

 

Le document officiel : http://www.academie-francaise.fr/sites/academie-francaise.fr/files/rectifications_1990.pdf

 

 

Article également paru sur Facebook : Le français avec Marie-Caroline et le groupe Facebook Le café français de Marie-Caroline

Une vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=nJ-3WWqm9V8&t=509s

 

 

Comment apprend-on une langue ?

 

La question de la bonne méthode pour enseigner et apprendre une langue étrangère demeure une sorte de Graal. De même que pour cette quête mythique, on a foi en son existence et on multiplie les recherches. Mais les chevaliers de la tour ronde de Babel courent encore après l’objet sacré, la méthode-panacée qui fonctionnera pour toutes les langues et avec tout le monde.

 

 

L’histoire de la didactique des langues remonte à loin, et aujourd’hui les théories et points de vue se multiplient sur YouTube et dans les conférences TED. En voici un rapide tour d’horizon, non exhaustif.

Situons sans rigueur universitaire le début de cette quête avec la bonne vieille méthode grammaire-traduction, laquelle, soyons francs, est aussi morte que les langues qu’elle enseigne traditionnellement (le grec et le latin). Elle nécessite d’apprendre par cœur la grammaire et de procéder à de longues versions/traductions de textes littéraires.

 

Après des lustres d’étudiants submergés par les lourdeurs grammaticales, on a ensuite radicalement changé de cap, avec l’apparition de la méthode directe. Il s’agissait là d’une tentative d’apprentissage par l’immersion dans la nouvelle langue, en sautant l’étape traduction et grammaire.

Par la suite, dans un but d’expansion de la langue française, l’État commanda des travaux pour aboutir aux méthodes audiovisuelles. On reconnaît alors l’implication des sens dans l’apprentissage : l’ouïe et la vue, tout en conservant l’importance donnée à la pratique.

 

Tout cela reste assez peu authentique, mais on avance. Ainsi accorde-t-on peu à peu de l’importance à la communication, voire aux sentiments.

L’armée va participer à la quête de la méthode parfaite en posant les jalons de la méthode audio-orale, qui fait la part belle aux automatismes. Mais la flexibilité n’est pas franchement au rendez-vous.

 

Plus récemment, on a fini par comprendre que le cerveau avait besoin de stimulation, et l’approche dite communicative se veut plus complète. Elle prend en compte les situations de l’usage de la langue. Peu après, l’approche actionnelle pousse le raisonnement plus loin encore, en estimant que l’on agit lorsque l’on parle. La situation réelle, avec un objectif ou un projet, est alors largement favorisée, de même que les interactions.

 

 

Depuis quelques années, de nouvelles théories émergent, que je qualifierais de « synesthésiques » et prenant en compte les sens et les liens mémoriels dans l’apprentissage. On ne les trouve plus uniquement dans des articles de littérature grise, mais exposées dans les conférences TED et sur YouTube. Ce ne sont plus seulement des didacticiens qui prennent la parole, mais des polyglottes qui témoignent de leur propre expérience et méthode.

 

L’apprenant d'une langue dispose aujourd’hui d’un vaste choix, et il peut sélectionner la méthode selon sa propre manière d’apprendre, ses goûts et son porte-monnaie. On trouve ainsi, entre autres, l’immersion proposée par des entreprises/agences de voyages linguistiques (petits budgets s’abstenir), le logiciel de langue (aux oubliettes les interactions), les cours du soir ou encore, les cours particuliers en ligne.

 

Personnellement, je m’inspire de ma propre expérience d’enseignante et d’apprenante, des théories apprises à l'université, mais surtout, des témoignages de ceux pour qui ça a marché.

Je citerai par exemple Chris Londale, auteur de « The third ear ».

En résumé, ce polyglotte conseille d’oublier le mythe selon lequel il faut un talent inné pour apprendre une langue. En effet, selon lui, l’essentiel est de donner du sens à ce que l’on apprend et donc de l’employer dès le départ afin de communiquer.
Dans un second temps, il conseille de s’imprégner de la langue, écouter même si on ne comprend bien entendu pas tout, faire confiance à son cerveau et au contexte, tel un enfant.

Enfin, il nous rappelle que le corps tout entier intervient dans l’apprentissage. Ainsi, il faut sentir les mots dans sa bouche au niveau musculaire et articulaire, mais aussi se sentir disposé physiquement et psychologiquement. La mémorisation fonctionne par lien, on peut donc mieux mémoriser en reliant les mots à des images et des sentiments. Nous sommes un tout et nous avons besoin de bienveillance, d’où également l’importance d’avoir un « parent de langue », quelqu’un qui fera montre de patience vis-à-vis du débutant que nous sommes.

 

J’aime également visionner les vidéos du YouTubeur et polyglotte génial : Luca Lampariello.

Ce dernier dispense ainsi régulièrement ses conseils, que je résumerai en sept points :

1) Choisir une langue qui nous motive. L’envie est essentielle. 2) Étudier chaque jour, même très peu. 3) Choisir un livre que l’on aime et décider de le lire dans la langue étudiée, peu importe la difficulté et les mots qui nous échappent.* 4) Se connaître en tant qu’apprenant : utiliser une méthode qui marche pour soi-même, comme la prise de notes ou les schémas visuels. 5) Se débarrasser des a priori négatifs et des comparaisons aux autres. 6) Se soucier en priorité du sens plus que des mots. Et enfin, très important : 7) Apprendre les mots en contexte. En effet les mots ont plusieurs sens, et mal les employer peut s’avérer très gênant ou très drôle pour le locuteur natif (imaginez par exemple le mauvais emploi verbal du nom « baiser », souvent cité avec un sourire embarrassé par les étudiants de français en ayant fait l’expérience...).

 

À ma connaissance, la bonne méthode n’a pas encore été trouvée. Le Graal reste sans doute à découvrir et je demeure une chevalière de la tour de Babel partageant la même quête que les autres, observant mes élèves, épluchant les derniers articles et suivant les conférences TED sur le sujet. Et je commence humblement à esquisser ma propre recette...

L’équation magique pour apprendre une langue me semble ainsi comporter au moins ces éléments : envie + plaisir + personnalisation + discipline + travail + bienveillance.

En effet, la bonne méthode est celle qui s’adapte à chacun et que chacun adapte à sa propre façon de mémoriser et à ses propres centres d’intérêt. Rien n’empêche de se rendre sur le grand marché des méthodologies et de garnir son panier au fil des étales. Mais rien n’empêche non plus d’être infidèle en se servant de-ci de-là dans les techniques qu’on juge les plus efficaces pour soi.

 

Lorsque l’on s’amuse et que ce que l’on fait nous intéresse, on ne se rend pas compte du temps passé à étudier. Et en conclusion, la méthode qui paie le plus reste sans doute celle conduisant à réaliser l’effort nécessaire en y prenant du plaisir. Car, en définitive, rien ne remplacera jamais le travail personnel. Et vous, quelle est votre méthode ?

 

Marie-Caroline Braud

 

 

*Je me renseigne également en ce moment sur l’utilisation de la lecture pour apprendre une langue, et ce dès le niveau débutant. Dans ce cadre, je recommande le visionnage très instructif et clair de la vidéo « 4 steps to learning a language with books », par Fingtam Languages.

 

 

PS : Un autre excellent moyen de rester motivé : les groupes de travail. Rejoignez mes étudiants en français du « café français de Marie-Caroline » sur Facebook !

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